Nos vécus TCA

Vite ma dose !

Vite ma dose ! C’est devenu une drogue, il me faut ma dose tout de suite… et je sais que je ne suis pas une voleuse, mais mes crises alimentaires me coûtent tellement cher, que je peux voler pour avoir ma dose quand je n’ai plus assez d’argent ! S. J’ai parcouru parfois des kilomètres pour trouver un endroit pour acheter de quoi manger. C’était même en pleine nuit certaines fois. C’était plus fort que moi. Il me fallait ma dose de produit alimentaire, mais, celle dont j’avais envie, pas une autre. Tant que je n’avais pas eu ce que je voulais, je pouvais manger tout ce que j’avais à la maison, j’avais toujours ce vide en moi à remplir.   MH. J’ai parfois repris des aliments dans une poubelle, ou mangé des aliments congelés, pas le temps d’attendre, imaginez bien encore moins de cuisiner.   J. Je ne sais pas comment faire comprendre aux gens que quand j’ai envie d’un aliment, il reste dans mon esprit tant que je ne l’ai pas mangé. Il me hante. Je l’ai en tête, il devient obsessionnel.   Marie-Hélène Et puis, maintenant je sais que mes crises j’en ai besoin… elles m’aident à tenir    Estelle D’autres témoignages : Reprendre les soins… Anaïs Ma drogue I. Voyage imaginaire Anaïs « Trois en un…plus un bonus ! » Nathalie Chroniqued’un enfer ordinaire Iléana Tous les témoignages Tous les témoignages

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Mon shoot…
Et… Mon bad trip

Mon shoot… Et… Mon bad trip Cette nuit réveil à 2h… Levée à 3h45 avec qu’une seule fausse pensée, mais une pensée en boucle… manger pour mieux redormir… une vraie bouffée d’oxygène apaisante, mieux qu’un anxiolytique, c’est le pied, l’extase et ça me soulage, me calme… et j’en ai bien besoin… Alors sandwich jambon, puis un jambon beurre, du pain rillettes, pain beurre, pizza, pain beurre… et merde, je pensais contrôler cela devait simplement être pain jambon… et bien non, j’ai perdu le contrôle, comment m’arrêter maintenant… me faire violence à chaque bouchée pour me dire stop… stop… stop… stop… stop… Merde, c’est tellement difficile, parce que la drogue, la bouffe quand on l’ingère c’est bon…   Et après, comme d’habitude, le bad trip, la descente aux enfers…et merde, putain, qu’est-ce que tu fous… c’est pas comme si tu n’étais pas au courant… tu connais ça par cœur pourtant, mais juste avant la crise j’ai même pas accès à cette pensée… » cette sensation plus que très désagréable et culpabilisante à mort…j’aurai pas dû, je suis tellement nulle, je suis en train de tout foutre en l’air, pourtant je le sais, putain… pourquoi je continue comme une conne, quel manque de volonté… Moi, malade, non, juste une grosse vache qui ne sait pas gérer… je suis en colère contre moi, encore plus énervée qu’avant… mais peut-être moins angoissée… Faudrait-il choisir entre les deux ?  J. D’autres témoignages : Chroniqued’un enfer ordinaire Iléana Ma drogue I. Vite ma dose ! Edwige Tous les témoignages Tous les témoignages

Mon shoot…
Et… Mon bad trip
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Ma drogue

Ma drogue Obsession, mensonge, vol, shoot, soulagement intense de courte durée, vécu comme une délivrance m’avait dépanné pour autre chose, volé de la nourriture chez des amis et dans la famille, annulé des rdv de travail parce que je venais de faire une crise, …   P, qui devient indispensable pour tenir alors que paradoxalement on est tellement mal avec, perte de contrôle, mais on continue malgré TOUTES les conséquences négatives que ça entraine sur la santé, sur l’entourage, sur soi, … Ça peut paraitre bizarre pour les personnes qui ne le vivent pas, mais personnellement, je me suis toujours sentie extrêmement proche des personnes qui souffrent d’alcoolisme ou de toxicomanie. Je me retrouve douloureusement dans tous les aspects de leur maladie : l’obsession, la perte de contrôle, le fait d’être prêt à n’importe quoi malgré soi pour arriver à avoir cette « dose » qui va nous calmer, sans laquelle on a l’impression de mourir, la honte après la crise, l’errance, les mensonges sans sourciller à l’entourage, … J’ai déjà repris de la nourriture que j’avais jeté à la poubelle, utilisé pour un « shoot » de bouffe de l’argent avec lequel on avec lequel on m’avait dépanné pour autre chose, volé de la nourriture chez des amis et dans la famille, annulé des rdv de travail parce que je venais de faire une crise, par exemple. Maintenant, souvent, lorsque j’ai beaucoup de travail à faire, d’un coup, je me sens submergée et je ressens le besoin immédiat, fulgurant, de manger pour m’aider à me concentrer et à affronter ce travail. Et si je ne le fais pas, je ne parviens pas à me concentrer. Pour éviter la crise, je dois souvent reporter le travail que j’ai à faire. Mais la plupart du temps, je culpabilise de faire ça, et du coup, je finis par faire une crise. Presque tout me semble insurmontable et il faut que je mange « pour y arriver », pour m’aider. Je mange pour me punir, pour me faire du mal, c’est plus fort que moi. Ou pour court-circuiter mon cerveau quand il s’emballe. Ou pour ne pas être submergée par la colère et par l’angoisse et le stress. Même quand je suis contente, il y a une barrière qui lâche et je me sens perdre le contrôle. Ça ne dure qu’un temps bien sûr, mais j’ai besoin de ce soulagement immédiat. Le problème, c’est que ce soulagement immédiat est tellement puissant, je ne parviens pas à ne pas recommencer. Dès que j’essaye d’autres stratégies de gestion, je me sens privée, frustrée, et je finis quand même, la plupart du temps, par faire une crise. Je n’ai rien trouvé de comparable qui soit aussi puissant et qui fonctionne si vite aussi fort.  I. D’autres témoignages : Chroniqued’un enfer ordinaire Iléana « Trois en un…plus un bonus ! » Nathalie Errances duparcours de soins P. Vite ma dose ! Edwige Voyage imaginaire Anaïs Dans l’ombre des TCA Iléana Tous les témoignages Tous les témoignages

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Voyage imaginaire

Voyage imaginaire Eté 2020 A travers ce texte, je vous propose de voyager au cœur de la tête d’une jeune femme tiraillée entre une voix angélique et une voix démoniaque. Au cours de ce voyage, cette jeune femme va essayer de vous expliquer comment ces deux voix s’opposent dans son quotidien. Pour plus d’intimité, nous appellerons le personnage Marie. Marie est âgée de 27 ans, elle travaille auprès d’enfants en difficulté, enfin elle travaillait. Oui, depuis un an jour pour jour Marie n’exerce plus à cause d’un problème de santé que nous pourrons qualifier de maladie imaginaire ou plutôt imaginée. Pour vous expliquer un peu cette maladie Marie entend deux voix : l’une très bienveillante et l’autre au contraire destructrice. Depuis un an, Marie ne cesse d’écouter cette voix démoniaque. La voix angélique reste muette à son grand désarroi. La jeune femme se demande quand est-ce que cette voix sympathique va retrouver la parole, afin de pouvoir reprendre le cours de sa vie. Je disais donc que le quotidien de Marie avait été bouleversé. Entrons dans sa tête et voyageons au fil d’une de ses journées-type. Marie est actuellement sous traitement dans le but d’aider l’ange de sa tête à refaire surface. Malgré celui-ci les nuits de Marie sont agitées, elle s’endort entre 23h et minuit, pour se réveiller entre 5h et 6h du matin. Marie est donc souvent fatiguée ce qui rend heureuse son démon intérieur car cela lui donne plus de force, de pouvoir. Dès le réveil, le démon de Marie ouvre les vannes et déverse un flot de paroles. Le démon pousse Marie à s’activer dès son réveil. Alors, Marie exécute les ordres. Elle a peur et ne sait pas faire autrement. Elle se lève, ne prend même pas la peine de s’habiller, ni de se doucher, elle part marcher. Elle marche, comme si elle était robotisée. Son temps d’activité peut aller de trente minutes à deux heures. Après ça, le démon semble satisfait, alors, il la complimente et la laisse un peu tranquille. Ce temps de latence ne dure pas longtemps malheureusement. La jeune femme a juste le temps de prendre son petit-déjeuner. Le démon se remet en route, et lui dicte ce qu’elle peut manger. La voix angélique n’a malheureusement pas son mot à dire. Après ce petit-déjeuner assise, le démon rappelle à Marie qu’elle doit faire quelque chose. Il insiste jusqu’à ce que Marie s’exécute. Marie est pourtant déjà fatiguée, sa concentration a du mal à se fixer alors elle décide de retourner marcher pour satisfaire cette petite voix qui répète sans cesse à Marie qu’elle a mangé donc il faut qu’elle élimine. Parfois, Marie résiste, mais elle s’occupe intellectuellement. Le démon de Marie lui interdit l’inactivité. Les heures sont longues. Marie voudrait se reposer mais elle se l’interdit, elle doit toujours être utile. Dans les moments « OFF », le démon de Marie ne cesse de la dévaloriser. Marie se bat donc pour essayer de satisfaire son démon intérieur pour pouvoir se valoriser. Marie se trompe de combat, mais elle se sent coincée. Elle se rend compte qu’elle fait erreur mais elle n’arrive pas à réagir et agir autrement. Les heures passent, Marie s’active même si c’est dans le vent. L’heure du déjeuner sonne pour Marie. Le démon rigole en douce. Il dicte à Marie ce qu’elle doit faire. Marie est souvent, même toujours angoissée par ce moment-là, mais encore une fois le démon du cerveau de Marie redouble d’efforts pour dicter à Marie le comportement à adopter. Marie est perdue. Elle voudrait que son ange se réveille enfin, et l’aide. Mais il n’en est rien. Alors, Marie n’a d’autre choix que d’exécuter les ordres de son démon. Le moment difficile du repas se termine enfin. Marie est épuisée de ce combat, et déprimée car une fois encore le démon a gagné sans qu’elle n’arrive à réagir. Marie a alors un moment de pause qui dure une petite heure pas bien plus, et encore, Marie lutte pour avoir sa tranquillité. Le démon se réveille, et exige à Marie de s’activer de nouveau. Marie repart marcher, il faut alors marcher vite et longtemps. Parfois, Marie résiste, mais cela aura des répercutions plus tard. Les après-midis sont longues. Marie alterne activité physique et activités manuelles. Il faut cependant que Marie soit toujours performante et ce dans tout ce qu’elle fait. Les heures passent, Marie n’est pas restée assise longtemps dans son après-midi car même les activités manuelles elle les fait debout. Enfin la journée se termine. Marie s’installe pour prendre son troisième repas. La voie angélique reste absente, et ne conseille rien à Marie. Alors, Marie fait comme elle peut pour ne pas frustrer son démon intérieur dans l’espoir de le satisfaire et de le faire taire. Marie ne cesse de se projeter au lendemain. Elle se demande comment faire taire son démon au profit de son ange, sans peur de le mettre en colère. Marie a peurde ce démon, c’est pour ça qu’elle tente de le satisfaire. Cependant, en agissant de la sorte Marie sent son corps s’épuiser au fil des journées. Elle se rend compte que son état se dégrade, mais elle est enlisée. Marie est en colère contre elle-même. Elle se couche donc triste et déprimée avec parfois des idées noires et des envies de souffrir, de se faire souffrir. Elle n’arrive même plus à espérer que tout cela change. Elle n’a plus la force de réagir. Marie se demande quand même pourquoi sa voix angélique ne réagit pas. La jeune femme est perdue, et ne sait plus comment combattre ce démon intérieur. Elle ose parfois imaginer une vie meilleure, mais ça ne dure pas longtemps. Marie finit par s’endormir. Elle se réveillera le lendemain matin tôt. Aura-t-elle la force de réagir aujourd’hui ? Voici le voyage imaginaire que Marie fait tous les jours et elle le partage avec vous. Ce voyage n’est peut-être pas si imaginaire que ça. Marie rêve cependant d’un avenir meilleur, mais ce rêve se réalisera-t-il ?

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La nouvelle « personne – elle »

La nouvelle « personne – elle » Connaissez-vous le serial killer qui me tue chaque jour, chaque seconde ? Son nom, je vous laisse deviner…Allez, quelques indices pour vous mettre en appétit !Un tueur, mais au féminin, une tueuse qui par sa simple présence me métamorphose. Sa présence constante me tue, anéantit mon envie de vivre !Elle attaque ma personne, envahit mon corps, tyrannise mon esprit, incruste mon conscient et, soudoie même, mon inconscient. Elle est installée confortablement en moi, elle ! Elle me tue à chaque instant, à chaque inspiration, à chaque bouchée. Elle parasite mes pensées, elle m’obsède et me drogue à mon insu.Qui peut la déloger ?Elle me prend en otage, qui viendra me délivrer, payer le prix à payer ?Elle me tue, me tue jour après jour et sans vergogne, voire même avec un sourire sadique !Je ne vis plus, je survis, … Me voilà transformée en survivante Son nom, Madame la pieuvre BoulimiaSa caractéristique, des tentacules géants qui vampirisent chacune des cellules de mon corps.Chacun de ses tentacules ressemble à un barreau de porte de prison, impossible de m’enfuir, impossible de m’évader. Mon corps est devenu ma propre prison meurtrière.Ses longs tentacules infiltrent mon cerveauElle atteint ma féminité comme mon intelligence qui semble paralysée dès qu’elle s’exprime.Une pieuvre toxique, une drogue dure dont je suis dépendanteElle aime à court-circuiter ma volonté. Mais un doute s’empare de moi, pourrais-je être atteinte du syndrome de Stockholm pour la laisser faire depuis toutes ces années, sans riposter ?Et pourquoi pas la tuer… ce serait un meurtre salutaire, qui pourrait me faire revivre, me rendre vivante !Pourquoi je ne pourrais pas la tuer puisqu’elle, elle me tue, sans aucune honte, sans aucune culpabilité. Et en plus, elle reste libre elle, elle n’est jamais jugée, elle ! Elle m’a emprisonnée avec la honte sur moi, un débordement de culpabilité et le jugement des autres… ces trois complices de chaque instant ! Et en prime, elle est entourée de trois compères directs, Kilos, Balance, et Poids pour ne pas les nommer. Chacun de ces complices et compères est relié à un tentacule. Ainsi, Madame La pieuvre Boulimia peut les solliciter à loisir, de manière indépendante et/ou simultanée. Leur intrusion est efficace, rapide, mais non sans douleurs. Elle me tue lentement mais sûrement. Que de souffrance dans cette longue agonie, les supplices physiques ne sont rien en comparaison à ces blessures multiples, à ces tortures mentales.Comment ne pas avoir envie que cela s’arrête, tout de suite, là, maintenant ? Enfin une porte de sortie, une délivrance réelle pour toujours. Voilà le vrai bonheur ! Je vous entends d’ici : mais il y a d’autres solutions !Ah oui ! Comment le savez-vous ? Vous, la connaissez-vous, Madame la pieuvre Boulimia ? Avez-vous cohabité avec elle, ne serait-ce que vingt-quatre heures…. Non ! alors vous ne savez pas, vous ne savez rien…Alors cette nouvelle est pour vous, car je tenais à vous la présenter Ma Madame la pieuvre Boulimia. Il est vrai que je pourrais fuir, car je ne suis pas une meurtrière, moi. Je pourrais partir en voyage, mais je la retrouverai dans ma valise, on ne la sème pas comme cela… Elle me suit, elle me poursuit… Alors pas d’autre solution, je dois, je dois rester, je dois l’affronter, je dois lutter et je voyagerai après, libre et vivante ! Joséphine Les autres témoignages : Dans l’ombre des TCA Iléana Mon corps… « Joséphine et moi ! » Joséphine Errances duparcours de soins P. Reprendre les soins… Anaïs « Trois en un…plus un bonus ! » Nathalie Chroniqued’un enfer ordinaire Iléana Voyage imaginaire Anaïs Tous les témoignages

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Chronique
d’un enfer ordinaire

Chronique d’un enfer ordinaire Avant.14h30. 16h. 17h15. 18h. Ca fait des heures que tu tournes en rond pour l’éviter. Tu essayes de penser à autre chose. De t’occuper. De lire ou de regarder la télé. Tu as même essayé de dormir. Mais rien n’y fait. Ce sourd sentiment de mal-être gronde au fond de toi, envahissant tout ton corps. Il te faut l’étouffer, ce n’est plus supportable. Si tu ne fais rien, quelque chose d’horrible va se passer, c’est trop angoissant d’attendre. Alors tant pis, tu te lèves et tu y vas. Sans prendre le temps d’enfiler quelque chose de convenable ou de te coiffer un peu. Tu prends de quoi payer et tu sors. Vite. Pour ne pas penser à ce que tu fais. Car tu sais que tu ne dois pas, tu t’en veux déjà avant d’y être. Mais c’est le seul moyen pour faire taire ces idées sinistres et douloureuses qui creusent dans ta tête. Pendant.Ce n’est pas loin. Mais ça n’est pas important : dans ces moments-là tu es capable de faire plus de trajet pour aller là où il faut. Tu l’as déjà fait plusieurs fois par le passé, même si tu n’en es pas très fier. Te voilà franchissant la porte d’entrée. Tu essayes encore bien de tout arrêter par un « qu’est-ce que je fous là », mais tu es si près du but, du silence intérieur, que c’est plus fort que toi et tu avances. A petits pas, sans savoir sur quoi t’arrêter. Enfin si. Il faut que ce soit rapide. Riche. Et en quantité. Il n’y a que ça qui fonctionne. Tu sais déjà à quelles allées te rendre. Une fois que tu y es, tu te dis que tout peut faire l’affaire. Alors tu tentes de temporiser en « écoutant tes goûts », en te rabattant sur le moins cher ou sur ce qui demanderait un peu plus de préparation. Ou encore sur le moins riche parmi les riches, car c’est déjà dur de foutre en l’air les efforts passés, alors si tu peux quand même un peu sauver les meubles… « Tout ça, c’est des excuses. Tu es faible, nul, tu ne changeras jamais. » Ca te martèle les tempes et vient amplifier le mal qui monte de tes entrailles. Tout ça ne dure que quelques fractions de secondes, ton combat est imperceptible. Tu n’hésites plus, tu te rabats sur ce que tu as à portée de main et tu vas payer. Il faut bien au moins tout ça… Après.Après, c’est le pire. Tout est dans le sac, la culpabilité en bonus. 30€. Juste pour un one shot. C’est bien trop. Ca aurait pu être bien plus. Il est aussi arrivé que ce soit beaucoup moins. Mais ce n’est jamais mieux. Tu te dépêches de rentrer chez toi, à l’abri de ces regards qui ne soupçonnent rien mais qui font mal. Toi qui aimes tellement les gens et les surprises, tu arrives chez toi soulagé de n’avoir croisé personne et de n’avoir aucune invitation à laquelle répondre. Tu déballes tout. Vite. Tes gestes sont frénétiques, comme si ça faisait une éternité. Du pot de sauce crue que tu entames seule à la cuillère à soupe aux morceaux de viande tout juste cuits que tu engloutis avec les doigts en passant par le paquet de gâteaux sucrés que tu dévores à moitié avant de piocher dans le paquet de biscuits salés déjà ouvert à côté plus rien ne compte il faut faire taire cette voix cette émotion cette sensation cette pensée ce sentiment ce malaise assourdissant, paralysant. Tu veux du silence, de la paix, de la quiétude, le calme intérieur. Et tu sais que Ca ne va rien régler mais que, au moins, ton mal va s’atténuer. Un peu. Un bref instant. C’est mieux que rien. Tu espères que ce sera suffisant pour te permettre de reprendre le dessus ensuite. Mais tu sais. Tu sais que c’est faux, et que ça recommencera. Ca recommence toujours, à un moment ou un autre, tu te sens dépassé et tu finis par céder. Même après des mois voire des années d’efforts intenses, longs et coûteux. C’est un cercle vicieux que tu penses à chaque fois avoir maitrisé mais dans lequel tu finis par retomber, plus profond encore. Ton mal de départ a cédé un peu de terrain mais cette pensée-là, elle, ne te lâche plus. C’est elle que tu essayes d’étouffer maintenant. Vite, vite, vite. Il faut se remplir et la noyer, peu importe ce que tu avales, dans quel ordre, comment. Tu te vois tout enfourner dans ta bouche mais tu ne ressens rien. Pas de goût, pas de plaisir, pas de sensation de faim, pas d’envie. Peut-être du dégoût. Et de la culpabilité. Toujours de la culpabilité. Et de la honte. Tu essayes de te rassurer devant la quantité de poison en te disant que ton corps ne supportera pas, que ça fait trop de toute façon. Mais ton corps n’est pas ton allié, et sa traitrise est grande. En une heure de temps, tu t’es enfilé l’équivalent de plusieurs repas. Te voilà seul devant tes emballages vides, ton corps débordant et ton mal sifflant à nouveau à ton oreille, avec un arrière-goût de « j’ai encore craqué, je suis vraiment nul ». Tout le temps.Certains se tournent vers l’alcool ou la drogue, d’autres vers le sexe. D’autres encore se mutilent. D’aucuns ont même réussi à s’abandonner à des poisons socialement acceptables : le sport, le travail, … Toi, ta sortie de secours, c’est la nourriture. Elle n’est ni socialement acceptable, ni horrible, elle n’est même pas envisagée comme un Mal par lesAutres. Pour eux, tu es juste gourmand, tu manges juste trop, ou juste mal. Tu es dépensier ou tu n’as pas le sens des priorités. Mais surtout, tu es 100% responsable, et tu as bien raison de te flageller. Car un sportif accro, c’est pas trop grave, « c’est sain ». Un alcoolique qui galère, c’est normal «

Chronique
d’un enfer ordinaire
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« Trois en un…
plus un bonus ! »

« Trois en un… plus un bonus !» Anorexie… Boulimie hyperphagique… Boulimie vomisseuse… et… Septembre. Je fais l’expérience de la colocation. « – C’est donc cela être étudiante », je pense à cela en faisant laborieusement mes courses. Mon tyran est dans mon caddie et sûrement dans le siège enfant, vu sa capacité à m’infantiliser. Confiseries et viandes sont des denrées inconnues, les étiquettes nutritionnelles sont décortiquées. Lorsque ma colocataire m’accompagne et qu’elle m’invite à prendre du chocolat par paquets de trois, j’entends la vilaine voix et j’imagine son visage cerné. Oscillant entre plaisirs coupables et doutes, mes repères ne sont jamais vraiment établis. Faire semblant. Me ligoter à cette norme, à cette image reflétée par ceux qui m’entourent. Surpasser mes rituels, lutter quotidiennement. Mâcher, mastiquer : deux actions difficiles à réintégrer. Telle une édentée, j’engloutis des bananes écrasées. Les fusées jaunes de mon enfance m’apportent de la douceur et une satiété acceptable. Pourtant je dois me forcer à varier mon alimentation. Patiemment, je goûte puis mange. Je mange puis me gave. Le “trop” surgit. Docile, j’accepte ces orgies nouvelles. Mes contours s’affirment. Puis je découvre l’horreur de la purge. S’emplir, se vider. Continuer à vivre tout en étant révoltée. Haine contre cette maladie qui rend ma vie si laborieuse. Continuer à vivre malgré la récidive violente de la maladie. De l’abstention à la pulsion il n’y a qu’une infime limite. Je saute à pieds joints dans la boulimie. Mes doigts, mes mains deviennent striés, sèchent et perdent tout usage positif. Ces mêmes mains qui, autrefois, me permettaient le bonheur de la création, deviennent meurtrières. Elles s’infiltrent dans ma gorge pour rejeter le “trop”, cette mixture mal absorbée, trop vite, sans plaisir. Laideur de ces instants de “petites morts”. Latence devant le miroir, instant de liberté avant le chaos. Les larmes giclent, le temps n’existe plus. Le visage boursoufflé de spasmes, j’ai honte. Chaque soir, je prie et implore le changement avec un espoir béat. Tout recommence, chaque matin.Cette impression de jour sans fin rend fou. Mes études d’infirmière… Le sigle de ce diplôme que je n’aurai jamais prend un autre sens, I.D.E : Ingérer, Digérer, Expulser. Ce que je croyais être une folie passagère, s’incruste en moi telle de la crasse sous les ongles.Le sommeil ne suffit plus à oublier. Bientôt, un second tube digestif en plastique blanc va prendre le relais… ton petit corps si fragile ne veut pas de ce dispositif invasif… Je ne parviens pas à respecter les consignes données et vide bon nombre de poches nutritives dans le lavabo. Tromperies et dissimulations pour ne pas perdre ce que je crois être mon essence-même. S’accrocher au trouble pour échapper au vide un bref instant. Dans cette demi-vie, les évolutions sont rares. Fébrilement, j’attends le gavage prochain. Comme un boomerang, la domination de la pulsion m’assaille sans que je puisse résister… Seule dans la cuisine, je m’emplis à m’en étouffer. Sous cet afflux cataclysmique de nourriture, je manque de m’écrouler. Le visage barbouillé de yaourt, les mains poisseuses, je suis face à ma douleur. Le tuyau qui me pend du nez, m’interdit de vomir alors je pleure, jusqu’à m’endormir, épuisée… Nathalie Les autres témoignages : Dans l’ombre des TCA Iléana Mon corps… « Joséphine et moi ! » Joséphine Errances duparcours de soins P. Reprendre les soins… Anaïs Chroniqued’un enfer ordinaire Iléana La nouvelle « personne – elle » Joséphine Voyage imaginaire Anaïs Tous les témoignages

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Reprendre les soins…

Reprendre les soins… J’ai tenté d’appeler, mais il y a des horaires pour le joindre et je n’étais évidemment pas dedans Du coup je retente demain… Reprendre les soins… et savoir que se soigner c’est avant tout douloureux… ça fait pas rêver… Bon, allez, prendre un rendez-vous… oui ça demande beaucoup d’énergie… chaque appel est éprouvant alors les multiplier est éreintant… Je suis hyper angoissée à l’idée de rencontrer le nouveau psychiatre demain… je me pose des milliards de questions : que va-t-il me demander, qu’est-ce que je vais lui dire, va-t-il changer mon traitement, le feeling va-t-il passer, combien de temps la rencontre va-t-elle durer… Pfffff beaucoup de questions inutiles mais angoissantes… J’étais tellement insatisfaite des rendez-vous avec le Dr C. Parce que je me censurais, n’osais pas parler et dire ce que je pensais car j’avais peur que ça recommence… ressortir d’un rdv en ayant des regrets, j’en ai tellement peur… Le Dr C. Ne répond jamais aux mails… je n’attends du coup pas grand-chose de lui et cela ne me met même plus en colère… je trouve cela juste non professionnel et irrespectueux mais bon. Il refuse de prendre le risque de me suivre. Au vu de mon IMC à 14,7. Il dit que je dois avoir des soins purement médicaux avant de pouvoir avoir des soins psychiques selon lui (car selon lui je suis en danger vital avéré) Il accepte le suivi à partir de 15 d’IMC et encore pas sûr… Ils font tous chier avec leur calcul à la noix… Moi je suis désarmée et sous le choc pour l’instant… tant d’énergie déployée pour se faire jeter… je suis épuisée… Plus d’espoirs… plus aucun Anaïs Les autres témoignages : Dans l’ombre des TCA Iléana Mon corps… « Joséphine et moi ! » Joséphine Errances duparcours de soins P. « Trois en un…plus un bonus ! » Nathalie Chroniqued’un enfer ordinaire Iléana La nouvelle « personne – elle » Joséphine Voyage imaginaire Anaïs Tous les témoignages

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Errances du
parcours de soins

Errances du parcours de soins Quand on a des TCA mais qu’on ne le sait pas, ou pire, quand on le sait mais que ceux auprès de qui on cherche de l’aide ne connaissent pas cette maladie, ce qui est épuisant c’est de se lancer chaque fois dans de nouvelles recherches de professionnels. Ca suscite toujours de l’appréhension car il faut chercher seul, réexpliquer ce qu’on vit et ce dont on a besoin, s’y retrouver dans les réponses, tellement différentes, d’un professionnel à l’autre, et constater très souvent l’échec des recommandations qu’on a quand même essayé de suivre, pour finir par se dire qu’on arrivera jamais à s’en sortir. Quelques exemples de ma démarche pour être aidée avec mes TCA sur les 10 dernières années : Quand j’ai envisagé que mon rapport à la nourriture était peut-être lié à une maladie, j’ai fait quelques recherches sur Internet et ai découvert les TCA. Sauf qu’à l’époque, TCA c’était seulement anorexie et boulimie vomitive. Pas de bol, moi je me comportais comme une boulimique mais je ne compensais pas… J’ai quand même essayé d’interpeller un hôpital spécialisé sur la question, mais comme je ne rentrais pas dans ces cases, il ne pouvait rien faire pour moi. Chouette. Du coup c’est quoi que j’ai alors ? Et je fais comment pour m’en sortir ?? Après cet espoir d’une piste, j’ai vite déchanté et je me suis sentie seule et anormale. J’ai alors tenté quelque chose au petit bonheur la chance : direction diététique, pour perdre du poids, puisque là je savais que tout le monde reconnaitrait le problème, et aurait des solutions à me proposer. J’ai eu de la chance, la diététicienne que j’ai rencontrée a compris que j’avais un rapport compliqué à la nourriture, et m’a mise en confiance. Malheureusement, elle n’était pas spécialisée dans ces questions-là et s’est vite sentie dépassée. J’ai quand même pu profiter de ses compétences qui m’ont donné des repères et permis de perdre un peu de poids, mais je ne savais toujours pas comment gérer les crises qui restaient très présentes. J’ai essayé de discuter avec mon médecin généraliste. A l’écoute, mais ne connaissant pas les TCA, il m’a recommandé un psychiatre qu’il connaissait, pas spécialisé non plus mais « ça devrait déjà m’aider un peu avec ma souffrance ». OK, j’ai tenté. Quand j’ai expliqué mes difficultés à ce psychiatre, sa réponse a été de me diagnostiquer phobique sociale et de me mettre sous antidépresseur. Après quelques séances « à côté », pendant lesquelles je ne me suis pas sentie entendue, j’ai décidé d’arrêter car ça me faisait plus de mal que de bien de devoir sans arrêt justifier ce que je vivais et faisais (et ne faisais pas). J’ai essayé d’aller voir un autre psychiatre qu’on m’avait recommandé. Lui, il avait l’air de connaître un petit peu le sujet des TCA. Sa réponse a été de me prescrire du Baclofène. Ce médicament faisait polémique quant à son utilisation dans les TCA, mais lui avait quelques retours encourageants donc il a proposé que je tente. J’ai acheté les boîtes mais je n’étais pas très rassurée et finalement j’ai préféré ne pas prendre de risques. J’ai décidé ensuite de réessayer l’aide de la nutrition, avec quelqu’un peut-être plus spécialisé sur la question des TCA. J’en ai rencontré 3, qui avaient effectivement suivi des formations sur le sujet, et dont une me disait même avoir eu elle-même des TCA, et que donc elle savait bien ce que je vivais. Tous ces discours, chaque fois, m’ont redonné de l’espoir. Et pourtant, arrivée chez moi, je m’effondrais chaque fois sur la « feuille de route » avec laquelle j’étais repartie. Je comprenais bien, intellectuellement, à quoi était censées servir toutes ces recommandations. Et pourtant, je me sentais toujours « à côté » : il fallait tout à la fois que je me mette à réfléchir en équivalences, à trouver du plaisir à manger des trucs qui ne me faisaient pas envie, à me restreindre sur les choses qui, elles, me faisaient envie, à essayer de diversifier mes aliments et mes plats alors même que cuisiner pour moi seule était un vrai combat quotidien, à limiter les quantités pour ne pas dépasser certains seuils, … Mes pensées étaient déjà envahies par la nourriture, et avec tout ça, elles le devenaient encore plus. Même si on me disait que ce n’était qu’un « idéal » et que j’avais tout le temps pour y arriver, moi, ça faisait des années que j’étais embourbée dans ces problèmes, que je ne me supportais plus, et en plus, perfectionniste, j’ai besoin de faire les choses à fond correctement. Alors me dire de miser sur le temps… ça m’angoissait, ça m’étouffait, de me dire que je n’arriverai pas à atteindre cet idéal tout de suite, et surtout que ça allait me prendre beaucoup de temps et me demander de changer tellement de choses, ces choses qui étaient paradoxalement devenues au fil du temps mes repères… J’ai essayé quand même. Je n’ai même pas tenu quelques jours. Les obsessions étaient si fréquentes que ça aboutissait à de nombreuses crises. Ca m’a complètement découragée, et je me suis sentie encore plus nulle. Car si des Spécialistes de la question me disent que c’est comme ça qu’on traite ce problème, alors si je n’y arrive pas c’est que le problème doit venir de moi. Je sais aujourd’hui que c’est plus compliqué que ça, et pourtant, en tant que malade qui culpabilise déjà d’avoir un problème dont elle se sent responsable, il m’est difficile de me dire autre chose. Après ces échecs, je n’y suis pas retournée car j’avais trop honte de ne pas arriver à faire ce que les Spécialistes m’avaient demandé de faire, et de ne pas être aussi capable que ce qu’ils avaient cru de moi. Bien plus tard, après de nombreux mois à essayer de me remotiver pour essayer quelque chose, j’ai fini par trouver une autre diététicienne, qui avait l’air de connaitre vraiment mieux

Errances du
parcours de soins
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Mon corps… « Joséphine et moi ! »

Mon corps… « Joséphine et moi ! » Mon corps… une bombe atomique… Oui, mon corps est une bombe atomique, je n’ai pas peur de le dire. Par contre j’ai peur de lui…Mon corps me fait fuir, mais je ne peux pas fuir de mon corpsMon corps est un étranger et pourtant on vit ensembleMon corps est vivant et pourtant, à ses côtés, je suis morte… une morte vivante. Mon corps, une bombe atomique… mais peut être pas celle à laquelle vous pensez…Certainement pas celle que vous vous représentez… Mon corps, une bombe atomique, des milliers d’atomes prêts à exploser… Pour l’instant, j’implose, les atomes s’entrechoquent… et ça fait mal… Des milliers de particules dans tous les sens, une destruction complète…Un Hiroshima intérieur avec des séquelles… un labyrinthe d’où personne ne peut sortir… un cerveau en miettes, un estomac transpercé, des genoux fracturés et un coeur en mille morceaux… Des pensées brouillées, un esprit perdu, un inconscient envahissant et un conscient englué, souffrant… qui pédale dans le vide…Oui, c’est ça : la plus grande séquelle ressemble à un vide sidéral, un précipice gargantuesque, un trou noir géant, un puits sans fond… le néant ! A quoi elle ressemble cette bombe atomique… Et non, pas à une Barbie, vous avez perdu ! …Arrêtez de fantasmer : mon corps à moi ne vous fera pas fantasmer, il est gros, gras, difforme, handicapé….Vous aussi, il vous fait fuir, je sais, j’ai l’habitude…. ça fait toujours cet effet une bombe atomique, ça fait fuir ! Pourtant son volume est rond et doux ! Tendre et chaleureux pour celui qui n’a pas peur de l’approcher, de le regarder de plus près… Si, essayez de voir l’intérieur : vous aurez peut être la chance d’y trouver Joséphine.Cherchez bien : elle, elle est toute petite, souvent cachée. Car elle a peur : une bombe atomique ça terrorise !Si vous regardez Joséphine, si vous savez la découvrir, vous trouverez une belle personne… Sa grosseur…Certains se plaisent à dire que c’est parce qu’elle mange trop et qu’il faut qu’elle arrête, que c’est simple.D’autres certifient que ce n’est qu’une question de volonté et qu’avec de la volonté on arrive à tout.Ceux qui connaissent mieux cette réalité savent que la bombe est une pieuvre et qu’elle se nomme Boulimia.Eux pensent qu’il faut qu’elle se soigne, pour arrêter d’avoir peur de tout, pour apprendre à s’aimer…Et qu’elle peut guérir, si elle pense à son bien être, si elle écoute son corps, si elle écoute ses émotions et ses ressentis, si elle se met en harmonie avec ses valeurs, son éthique personnelle, si elle fait une place à ses envies.Si elle prend soin d’elle tout simplement… de son corps et de son cœur. Mais qui est responsable de ce désastre ?Qui a posé cette bombe nucléaire à l’intérieur de son corps ? de sa tête ? de son esprit ? Le savez vous, Vous?Aidez là s’il vous plaît à trouver ceux qui sont ces poseurs de bombes…A découvrir les composants de la bombe et de quelle manière elle peut la désamorcer ! Sauvez là ! Elle paraît si impuissante pour elle même ! Joséphine Les autres témoignages : Dans l’ombre des TCA Iléana Errances duparcours de soins P. Reprendre les soins… Anaïs « Trois en un…plus un bonus ! » Nathalie Chroniqued’un enfer ordinaire Iléana La nouvelle « personne – elle » Joséphine Voyage imaginaire Anaïs Tous les témoignages

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